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Sur les chemins de l'Anatolie

Arrivé à Konya, centre historique de la confrèrie des derviches, Matthieu nous relate sa traversée de l'Anatolie ponctuée de nuit de bivouacs et de rencontres avec des chiens errants, et où la monotonie apparente des paysages s'enrichit de mille nuances propices à la méditation dès que le regard se fait plus aigu. Il évoque aussi la grâce des petites et des grandes attentions et nous dit son admiration et son bouleversement devant l'hospitalité des Turcs dont "nous avons beaucoup à aprrendre en matière de rapports humains, de générosité et de manière de vivre".

 

Bonjour à tous,

Je suis reparti d’Istanbul le 12 septembre au petit matin. Jean-Claude Grelier, qui, avec son amie Catherine fait une grande ballade en vélo et logeait également dans les locaux dédiés à la paroisse de Saint Louis des Français dans l’enceinte du consulat de France d’Istanbul, a tenu à être présent de bon matin pour me dire au revoir avant de prendre le ferry pour Mudanya. Encore un passeur ancien du chemin de la route pour Jérusalem ! Il m’a prodigué ses bons conseils avant que je prenne la route pour l’Anatolie - avec peut-être un peu de nostalgie des bons moments qu’il y a vécus. Selon lui, c’est un tout autre voyage. Les faits lui donnent raison.

 

Nuits sous tente et chiens errants

Actuellement je suis à Konya grand centre historique de la confrérie des derviches. C’est une ville de plus d‘un million d’habitants en plein cœur de l’Anatolie. La route que j’ai prise à gros traits : Bursa, Inegol, Bozuyuk, Eskishehir, Cifteler, Emirdag, Çay, Aksehir, Konya. Par nécessité, j’ai dormi à ce jour quatre nuits sous tente. Sommeil léger, à l’affût des chiens errants. Vous allez, je le sens, me demander si j’ai rencontré des kangals. Et bien oui ! Plusieurs fois de très loin et une fois près du chemin. Ils dormaient et n’étaient pas très contents que mon passage les ait réveillés. J’ai pu prendre quelques photos. Plus que la taille, c’est la puissance de ces chiens qui m’a impressionné, et leur grosse voix rauque ; ils ont un peu une tête d’ours. J’en ai parlé à deux médecins dans un café dans une petite ville kandinhani. L’un d’eux s’appelle Isa. Cela  ne s’invente pas. C’est le nom de Jésus pour les Musulmans. Isa rêve d’avoir un kangal, chien selon lui extrêmement intelligent, indépendant et affectueux.  A partir de la photo, j’ai pu avoir confirmation que les chiens rencontrés étaient bien de beaux spécimens de kangal originaires de Şivas ( se prononce comme la marque de whisky), patrie de ces toutous. Bizarrement, je n’en ai plus peur et je continuerai à bivouaquer en cas de besoin.

 

Des paysages propices à la méditation

Je me sens sous ma tente un peu comme chez moi. De toute façon, j’aime bien cette solution. Je n’ai pas de carte suffisamment précise pour m’indiquer le nom des villages et tracer ma route en conséquence. Le ravitaillement se fait le long de la route et des stations service qui sont souvent à côté des restaurants qui permettent de s’alimenter. Les paysages sont parfois assez monotones, comme la meseta central du Camino en plus austère. Les nuits sont plus que fraîches et l’on endosse ses sous-vêtements de laine et regrette parfois au petit matin de n’avoir pas prévu de gants et de bonnet.


Je me retrouve en Anatolie comme dans un désert, dans une situation bien décrite par Saint-Exupéry dans un petit ouvrage Lettre à un otage que je vous recommande et que vous pouvez télécharger sur le site de la Bibliothèque électronique du Québec. Les paysages peuvent sembler peu variés mais avec un peu d’acuité, ils sont très nuancés et propices à la méditation avec le regard un peu tourné vers soi.

 

Petites et grandes attentions

La moindre des attentions, et elles sont nombreuses, vous rend plus proche des autres. Il m arrive parfois de boire dix thés, voire davantage, offerts. On est invité partout et cela pose parfois problème pour arriver à l’étape. On m offre aussi souvent des fruits – melon, pastèque, pommes, pêches, raisin...


Parfois, on est très ému de ces petites attentions. Tenez, par exemple, avant hier je m’arrête près d’une fontaine. Hélé par un commerçant qui tient une boutique en plein air et qui m’invite à prendre le thé. On repère très vite l’étranger. Les turcs sont d’excellents profilers. Il me donne des fraises tellement succulentes que je lui en achète une livre. Les affaires vont bon train. « L’eau de la fontaine guérit des excès de sucre » me dit-il. Et puis, la fin d’après-midi arrivant, – il fait nuit à partir de 18h30 -  je lui demande si il serait possible de camper. « No problem ! » Et il m’indique un endroit près d’un petit jardin et m’informe que les chiens qui circulent sont tranquilles et  ne sont pas des kangal, malgré leur taille. Le soir tombe et Mustafa - c est le nom de mon hôte - me dıt : « Yemek ? » ( ce qui veut dire manger). « No problem ! » Je lui achète un paquet de chips et des sucreries. Et puis je me retire dans ma tente pour bouquiner.

Une demi heure plus tard, il arrive avec un plateau couvert de plats délicieux et un cageot en guise de table. J’ai été profondément bouleversé de cette attention, ne sachant trouver les mots pour le remercier. Voilà un autre exemple de l’hospitalité  des Turcs. J’aime ce pays ! Nous sommes un peu des nains et avons tellement de choses à apprendre d’eux en matière de rapports humains, de générosité et de manière de vivre.

 

Un petit écart

Voilà ! pour aujourd’hui je vais abréger parce que je vais faire un écart de quelques jours pour me rendre à Goreme en Cappadoce, un des spots à ne pas manquer que Jean-Claude m’a vivement conseillé de voir, et le bus part bientôt. Je reviendrai ensuite à Konya pour continuer la route vers Karapinar, Eregli et Tarsus.

Bız bız
Matthieu

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Du samedi 21 septembre au dimanche 29 septembre 2013.

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COMPOSTELLE-CORDOUE, Marche et Rencontre

L'ouvrage collectif, COMPOSTELLE-CORDOUE, Marche et Rencontre vient de paraître aux Editions Saint-Augustin.

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