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De Jérusalem aux portes de Gaza

Arrivé à Alexandrie le 4 février à la tombée de la nuit, Matthieu relate ici sa marche de Jérusalem jusqu'aux portes de Gaza que le Hamas a refusé de lui ouvrir. Chemin faisant, il s'émeut de voir mur, miradors et mitage transformer la Palestine en un véritable ghetto, s'aventure périlleursement dans le désert, goûte la générosité d'un accueil, se nourrit de chaque rencontre,s'émerveille devant la beauté des paysages et des animaux sauvages...

 

Bonjour à tous d’Alexandrie

Je suis arrivé à la tombée de la nuit dans la soirée du 4 février après une nuit très très humide sous tente qui a trempé une bonne partie de mes affaires. Je suis lessivé, rincé ; j’ai l’esprit un peu embrumé : c est fini ! Il me faudra une journée pour réaliser. Je reviendrai là-dessus dans de prochains mails. Pour aujourd’hui, je vais vous raconter mon périple depuis mon départ de Jérusalem jusqu’à Eilat. Mon retour sur Paris est prévu jeudi prochain. Avant je voudrais vous remercier du fond du cœur de tous ces témoignages d’affection qui m’ont véritablement porté : ce voyage est avant tout le vôtre.

 

Retrouvailles

Avant de partir de Jérusalem j’ai eu la très grande joie de retrouver un de mes amis d’enfance, sa femme et sa mère que nous appelons tante Bernadette. Dominique est Directeur de recherche au CNRS, spécialiste du monde hébraïque et vit depuis de longues années a Jérusalem. Cela m’a semblé naturel de le rencontrer bien que le mode de transport le soit moins. Bien sûr, nous avons évoqué la situation entre la Palestine et Israël et il semblerait que dans les vingt-cinq prochaines années la question démographique favorable Palestiniens devrait contribuer au processus de paix.

 

Des services de voirie discriminants

En partant de Jérusalem, la traversée des quartiers palestiniens en direction de Béthléem m’a pris plus de temps que prévu mais on peut voir sur le terrain que la qualité des services de la voirie est discriminante dans ces quartiers qui deviennent des zones difficilement fréquentables pour le monde juif bien qu’elles soient sous sa tutelle.

 

Un véritable ghetto

 

Avant d’arriver à Béthléem la route est bordée de très beaux oliviers plus que centenaires avec en toile de fond une colonie implantée sur un territoire non répertorié. L’aspect juridique guide cette politique de mitage. Sans compter le fameux mur qui fait de cette ville un véritable ghetto. A ce sujet, Dominique évoquait les propos d’un vieux juif Alsacien : "Le paradoxe est que nous avons vécu sous les miradors et que maintenant nous nous trouvons dessus !" J’ai été témoin d’une scène édifiante : tandis que la moitié d’une famille à été autorisée à franchir le mur, la femme a dû retourner chez elle avec son enfant. Le mur épouse des formes alambiquées ; côté palestinien, il est peint ; je vous en adresse quelques illustrations.

 

 

Le seul vrai avenir, partir

Après avoir passé une nuit à Béthléem, je suis reparti le long de la Palestine jusqu’au monastère de Mar Saba, porte du désert que j’ai traversé. En chemin j’ai été chaleureusement accueilli. Aujourd’hui j’ai une pensée pour cet épicier qui me montrait son fils de 15 ans en me disant : « Bien que nous soyons à côté de Jérusalem, mon fils n’a jamais pu s’y rendre. Toutes les familles ont un parent en prison ou tué. Cette situation est insupportable. Notre seul vrai avenir, pour ceux qui le peuvent encore, est de partir. »

 

 

Un bel exemple de générositié

En chemin je rencontre le sheikh Omar ; il m’écrit un petit mot en arabe sur ma crédentiale – elle comporte aujourd’hui près de 45 pages de tampons qui marquent mes passages –  et me dit d’aller voir le père Ephraïm de sa part.

 

 


Arrivée à Mar Saba, monastère orthodoxe du IVème siècle. En plein désert. Magnifique ! Il me fait penser à Mar Musa. Le père Ephraïm applique les règles du monastère : « Nous n’accueillons que les orthodoxes. » Je ne suis pas surpris : Christian, jésuite du groupe Lasalle, m’avait raconté une expérience de ce genre. A défaut d’accueil dans le monastère, le père Ephraïm me propose un bel endroit pour camper près des oliviers de l’entrée et m’offre un repas et de l’eau. Le soir il vérifie si je n’ai pas trop froid et le lendemain il m’offre, avant mon départ, deux boîtes de conserves  grecques, une de feuilles de vigne et l’autre  d’œufs de saumon. Bel exemple de générosité même s’il applique des règles qui ne sont pas les siennes...

 

Errance et leçon du désert

Après que des bédouins m’aient indiqué le passage à suivre, je me suis enfoncé dans un terrain que je pensais facile mais qui s’est avéré problématique puisque je me suis perdu en suivant de fausses pistes qui m’ont amené dans des passages impossibles dans un oued dont le parcours en siphon et les à-pics m'ont fait rebrousser chemin. Je me suis retrouvé sur un chemin ouvert mais très escarpé qui m’a permis de rejoindre en redescente la route 90 et la Mer Morte en amont de Qumran. Au lieu de la demi journée prévue, ce parcours m’a pris une journée ; je me suis retrouvé en limite d’eau. Mais j’ai pu apprécier des paysages magnifique et voir des animaux : ânes sauvages, ibex, oiseaux. La sortie du désert s’est faite sur une piste verte en chemins escarpés très pentus. Et puis une route et, enfin, un kiosque qui m’a permis de me rassasier et surtout de me désaltérer. Cette expérience m’a servi : on ne se lance pas dans le désert à pied sans ravitaillement et sans indications précises. Faute d’hébergement, troisième campement de suite.

 

Eilat

J’ai suivi durant trois jours la route vers Ein Guedi, Masada et le sud de la Mer Morte. J’ai pu apprécier les auberges de jeunesse qui accueillent en fait tout le monde, y compris l’armée. J’ai été invité à rejoindre un groupe d’Israéliens le long de la route pour arriver le jour de shabbat dans la région d’Eilat. Au sud, marcher dans le désert était problématique. Sur deux cents kilomètres, il n’y avait que trois pompes à essence dont deux distantes de plus de cents kilomètres. J’ai donc décidé de prendre un bus en direction d’Eilat ;  il m’a fallu l’attendre jusqu’au lendemain. Je suis resté deux jours à Eilat pour établir un visa, aller chez le coiffeur et soigner une dysenterie qui m avait affaibli.

Aux portes de Gaza

Après le passage au poste frontière de Taba, j’ai pris un transport en direction de Rapha pour essayer de me diriger sur Gaza. Sur place, j’ai trouvé un bédouin qui se rendait à Arish en traversant le Sinaï par des pistes sinueuses et subtiles. Nous avons évité tous les contrôles et  je suis arrivé aux portes de Gaza.

Sur place, des blindés sont en position. Je suis assailli par toutes sortes de propositions et des comportements assez agressifs. Je me présente. Le Hamas exige des papiers qui ne peuvent se prendre qu’à l’ambassade de France au Caire. Sans compter le temps de traitement de la demande.

 

Je rencontre un jeune étudiant dentiste de l’université de Arish qui écrit quelques mot sur ma crédentiale et prend une photo devant l’entrée. Il me dit de ne surtout pas marcher sur la route et d’éviter absolument de camper avant Arish. Pour cause de trafics de toutes sortes, armes, devises, drogues, etc., qui en font une zone extrêmement dangereuse. Suite au refus du Hamas de me laisser entrer dans Gaza, on m’a aussi proposé de passer par l’un des tunnels qui ont certes permis de briser le blocus côté égyptien mais dans lesquels un jeune italien a trouvé la mort. J’ai préféré suivre les conseils de Smain et prendre un transport pour Arish.

 

Matthieu
  
 

 

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